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Atalante
     

    
Fille d’Iasos, née à Tégée en Arcadie, fut abandonnée par son père déçu de ne pas avoir eu un fils. Elle fut recueillie par une ourse qui l’allaita, puis adoptée par des chasseurs dont elle partagea dès lors la vie rude.
Elle participa à la chasse au sanglier de Calydon (envoyé par Artémis dont les autels n’avaient pas été honorés), organisée par Méléagre, fils d’Oenus et d’Althaea, en compagnie de héros tels que Castor et Pollux, Jason, Thésée, Pirithous, Télamon, Pélée, Nestor, Laërte… Elle fut la première à blesser l’animal féroce d’une flèche sous l’oreille ; Méléagre, amoureux, lui promit le prix de la vaillance à leur retour. Ce fut lui qui, finalement, acheva la bête et il offrit la peau et les exceptionnelles défenses de la dépouille à Atalante, qui fut flattée. Mais Pleuxippos et Toxeus, fils de Thespios, oncles de Méléagre, revendiquèrent leur droit au trophée, accusant leur neveu d’offrir un cadeau trop précieux à une femme. Ils arrachèrent des mains d’Atalante la peau du sanglier. Pour cet affront Méléagre tua ses oncles. Lorsqu’Althaea, sa mère, sœur des deux hommes assassinés, apprit la nouvelle, elle décida de tuer son fils. Cependant elle hésite : en elle se bousculaient les devoirs et l’amour d’une sœur et d’une mère. Finalement, elle s’empara du morceau de bois auquel, selon l’oracle, la vie de son fils était liée, et le jette dans un brasier. Méléagre meurt dans d’atroces souffrances sous les yeux d’Atalante dont il avait eu, selon certains mythes, un fils, Parthénopaios.
Atalante est plus connue pour son don à la course. Nul homme ne pouvait la battre, et on n’aurait pu décider si elle vainquait par sa vitesse ou par sa beauté. Un jour, elle consulta l’oracle sur l’époux qu’elle aurait ; il lui répondit qu’elle n’avait pas besoin d’époux, mais qu’elle n’échapperait pas au mariage : elle serait réduite, vivante, à n’être plus elle-même. Terrifiée par la prédiction du dieu, Atalante alla vivre, rebelle à toute union, dans les forêts du mont Nonacris ; elle mit en déroute la foule des prétendants en imposant une condition au mariage : la battre à la course. Ceux qui perdaient devaient mourir.
Malgré tout, sa beauté était telle que nombre de jeunes gens tentèrent l’épreuve. Hippomène avait pris place comme spectateur et blâmait les concurrents, pensant que de si grands dangers ne pouvaient valoir une femme. Mais, quand il eut vu Atalante, quand elle eut quitté ses voiles, il fut stupéfait et se repentit aussitôt d’avoir condamné l’excès des jeunes gens. Il s’enflamma pour la jeune femme, il souhaita que nul ne soit plus rapide qu’elle à la course, et la jalousie lui inspira des craintes. Atalante gagna la course haut la main, et Hippomène ne sa lassa pas de l’admirer tandis qu’elle courait. Les perdants subirent le châtiment convenu.
Hippomène, non découragé par la crainte qu’inspire leur sort, se dressa au milieu de l’assemblée et clama : « Pourquoi cherches-tu une victoire facile en triomphant de rivaux incapables de résistance ? Mesures-toi avec moi. Ou bien la fortune me donnera l’avantage : dans ce cas, tu ne pourras t’indigner d’être vaincue par un pareil adversaire. Mon père est Mégareus, roi d’Onchestus ; il a pour aïeul Poséidon lui-même. Et ma valeur ne cède pas à ma naissance. Ou bien je serais vaincu, et à ma défaite tu gagneras une éternelle renommée. » Tandis qu’il parlait, Atalante le regardait d’un œil plein de douceur et se demandait si elle souhaitait avoir le dessous ou le vaincre. « Quel dieu veut la perte de ce jeune homme, pensa-t-elle, qui risque une vie précieuse à rechercher cette union avec moi ? Je ne vaux pas un pareil prix. Et ce n’est pas sa beauté qui m’émeut, bien que je pourrais m’y laisser facilement prendre, mais son âge. Un homme si jeune ne mérite pas de mourir ; que dire de son âme courageuse, inaccessible à la crainte de la mort ? Que dire de son amour, du fait qu’il attache un tel prix au bonheur d’être mon époux qu’il préférerait la mort au sort cruel de n’être pas à moi ? Pourquoi t’intéresser à moi, quand n’importe quelle femme pleine de raison, dont l’hymen n’est pas taché de sang, serait heureuse de t’épouser ? Ah, je ne peux supporter ce regard, ce visage si jeune ; plût au ciel que tu n’aies jamais posé les yeux sur moi, car je sais à présent que tu es le seul avec qui le voudrais partager ma couche ! » Atalante pensait ainsi et, touchée pour la première fois par le désir, elle aimait sans savoir qu’elle aimait.
Mais le peuple réclamait la course. Hippomène, d’une voix inquiète, supplia Aphrodite : « Puisses-tu m’accorder ton assistance pour ce que j’ose et ta faveur pour les feux qu’elle a allumés en moi. » La déesse fut émue par la situation tragique du jeune homme. Elle se rendit aussitôt dans le champ du Tamasus, sur la terre de Cypre, qui lui est consacré, et elle cueillit trois pommes d’or sur l’arbre qui poussait en son centre, qu’elle confia à Hippomène.
Lorsque la course commença, Atalante souhaitait presque qu’Hippomène la rattrapât ; elle se retournait pour le contempler. Mais le descendant de Poséidon haletait et ne parvenait pas à dépasser celle qu’il aimait ; alors il lança l’une des pommes devant lui. Atalante vit ce fruit brillant et, emplie du désir de le posséder, se détourna de la piste pour s’en emparer. Hippomène la dépassa alors. Atalante accéléra de nouveau et le dépassa, regagnant son retard ; il utilisa le même stratagème avec les deux autres pommes, Aphrodite agissant sur Atalante pour qu’elle ralentisse.
Hippomène gagna et épousa Atalante. Mais, tout à son récent bonheur, il oublia de remercier Aphrodite qui, irritée, décida de le punir. Elle éveilla le désir du jeune homme alors que le couple marchait dans la forêt, et ils s’unirent dans le temple abandonné qui s’y dressait. Alors Gaïa, outrée, transforma les deux amants en lions, accomplissant la prophétie : Atalante, bien qu’en vie, n’est plus elle-même pour avoir pris époux.