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Narcisse
     

Narcisse était de Thespies : il était fils de Liriopé, la nymphe bleue que le dieu-Fleuve Céphise avait un jour emportée dans ses tourbillons et violée. Le devin Tirésias dit à Tiriopé, qui fut la première personne à le consulter : "Narcisse vivra très vieux, à condition qu'il ne se regarde jamais". Enfant et adolescent déjà, Narcisse repoussait avec indifférence ses soupirants des deux sexes ; il était farouchement orgueilleux de sa propre beauté.
Parmi eux se trouvait la nymphe Écho qui ne pouvait plus se servir de sa voix si ce n’était pour répéter comme une insensée les paroles de quelqu'un d'autre ; c'était une punition pour avoir retenu l'attention d'Héra, racontant de longues histoires pendant que les concubines de Zeus, les nymphes de la montagne, échappaient à son œil jaloux et parvenaient à s'enfuir.
Un jour que Narcisse était sorti pour prendre des cerfs au filet, Écho le suivit furtivement dans la forêt épaisse, dévorée du désir de lui adresser la parole mais incapable de parler la première. A la fin, Narcisse s'étant aperçu qu'il s'était égaré et avait perdu ses compagnons, cria : " Holà, y a-t-il quelqu'un par ici ? - Par ici !" répondit Écho, ce qui surprit Narcisse car il ne voyait personne. "Viens ! - Viens ! - Pourquoi me fuis-tu ? - Pourquoi me fuis-tu ? - Réunissons- nous ! - Unissons-nous !" répéta Écho et, sortant de sa cachette, tout heureuse, elle se précipita pour embrasser Narcisse.
Mais il la repoussa brutalement et s'enfuit. "Je mourrai plutôt que d'être à toi. - Être à toi", implora Écho. Mais Narcisse était parti, et elle passa le restant de sa vie dans des vallons abandonnés, se languissant d'amour et se laissant dépérir par mortification, au point que seule sa voix subsista.
Un jour, Narcisse envoya, en présent, une épée à Ameinias, le plus tenace de ses soupirants, et dont le fleuve Ameinias porte le nom ; c'est un affluent du fleuve Hélicon qui se jette dans l'Alphée. Ameinias se tua devant la porte de Narcisse, faisant appel aux dieux pour venger sa mort.
Artémis l'entendit et fit que Narcisse tombe amoureux. Mais elle l'empêcha de consommer son amour. A Donacon, à Thespies, il vit une source ; elle était claire et argentée et n'avait encore jamais été touchée par un animal ou une branche ; et, comme épuisé de fatigue, il s'était laissé tomber sur l'herbe, pour étancher sa soif, il tomba amoureux de sa propre image, reflétée dans l'eau. Il commença par essayer de saisir et d'embrasser le beau jeune homme qui se trouvait devant lui, mais il se reconnut lui-même et, transporté d'amour, resta couché à regarder dans l'eau pendant des heures. Comment supporter à la fois de posséder et de ne pas posséder ? Il était miné par le chagrin et, cependant, il se réjouissait de son tourment ; il sut au moins que son autre moi lui restait fidèle, quoi qu'il arrive. Selon d'autres mythes, le visage de Narcisse lui rappelait celui de sa soeur jumelle, décédée, qu'il avait aimée.
Écho, bien qu'elle n'eût pas pardonné à Narcisse, souffrait avec lui ; elle répétait en écho à sa voix : "Hélas ! Hélas !". Narcisse finit par se plonger un poignard dans la poitrine ; et elle redit aussi sa dernière phrase au moment où il expirait : "Ô toi, jeune homme que j'ai vainement aimé, adieu !".
Son sang s'écoula dans la terre et il en naquit un narcisse blanc à corolle rouge.